Comment visiter un ancien camp de concentration sans transformer un lieu de souffrance en simple destination touristique ? Que vais-je réellement voir sur place ? Est-ce une visite adaptée aux enfants ? Et surtout, comment comprendre ce qui s’est passé au Natzweiler-Struthof sans rester uniquement devant des chiffres et des dates ? Lorsque je pense à une visite du camp de concentration de Natzweiler-Struthof, c’est précisément à ces questions que je reviens. Ce lieu situé dans les Vosges alsaciennes n’est pas un monument comme les autres. Il impose une visite attentive, respectueuse et documentée.
Les informations essentielles avant de partir
| Donnée | Informations |
|---|---|
| Localisation | Natzwiller, Bas-Rhin |
| Ouverture du camp en 1941 | 1er mai 1941 |
| Découverte du camp | 25 novembre 1944 |
| Accès | Centre européen du résistant déporté puis ancien camp |
| Visite | Libre, guidée ou avec audioguide |
| Tarif plein | 8 € |
| Tarif réduit | 4 € |
| Visites guidées | Plusieurs créneaux chaque jour |
| Audioguides | Plusieurs langues disponibles |
| Particularité | Un lieu majeur de mémoire de la Déportation |
En septembre 2026, le camp est ouvert du mardi au dimanche, de 9 h à 17 h 30. Le Centre européen du résistant déporté accueille les visiteurs de 9 h à 17 h. Les horaires peuvent évoluer selon la période et les conditions météorologiques. Le site étant installé en montagne, une fermeture exceptionnelle peut notamment intervenir en cas de neige ou de verglas.
Pourquoi visiter Natzweiler-Struthof ?
Je pense qu’il faut d’abord abandonner l’idée d’une visite touristique classique.
Ici, on ne vient pas chercher une expérience spectaculaire. On vient comprendre.
Le camp de concentration de Natzweiler a été créé par les nazis en mai 1941, alors que l’Alsace était annexée de fait au IIIe Reich. Il devient un élément du système concentrationnaire nazi et accueille notamment des résistants, des opposants politiques et des déportés venus de nombreux pays européens.
Le site possède une particularité historique importante : il constitue le seul camp de concentration installé par les nazis sur le territoire français actuel.
Mais cette formulation mérite une précision. En 1941, l’Alsace n’était pas administrée comme le reste de la France. Le camp se trouvait dans une région annexée de fait au Reich.
Cette nuance permet de comprendre pourquoi l’histoire du Struthof est aussi étroitement liée à celle de l’Alsace pendant la Seconde Guerre mondiale.
Une histoire qui ne s’arrête pas à 1944
L’une des choses qui me paraît essentielle avant de visiter Natzweiler-Struthof est de ne pas réduire son histoire à la découverte du camp par les forces alliées.
Le 25 novembre 1944, des soldats américains découvrent effectivement le camp principal. Mais celui-ci avait été évacué quelques semaines auparavant.
Environ 6 000 détenus avaient été transférés en septembre 1944. Une partie de l’organisation concentrationnaire de Natzweiler s’est alors poursuivie dans des camps annexes situés de l’autre côté du Rhin.
L’histoire du camp ne disparaît donc pas avec l’arrivée des soldats américains.
Elle se poursuit jusqu’en 1945 dans différents lieux du réseau concentrationnaire.
Cette continuité est importante parce qu’elle montre que Natzweiler-Struthof n’était pas uniquement un espace délimité par des barbelés. Il appartenait à un système beaucoup plus vaste de camps, de Kommandos et de déplacements de détenus.
Que peut-on voir pendant la visite ?
La visite permet de retrouver plusieurs éléments essentiels de l’ancien camp.
Les baraquements, les terrasses, les espaces d’appel, les miradors et les clôtures permettent notamment de comprendre la configuration du lieu.
Le relief joue lui aussi un rôle particulier.
Le camp est installé sur les hauteurs vosgiennes. La pente, les différences de niveau et les conditions climatiques donnent une idée supplémentaire de l’environnement dans lequel les détenus étaient contraints de vivre et de travailler.
Je conseille de prendre le temps de regarder le site dans son ensemble avant de chercher à multiplier les photographies.
Certains détails sont beaucoup plus parlants lorsqu’on connaît leur fonction historique.
Le centre européen du résistant déporté
La visite commence par le Centre européen du résistant déporté.
Cet espace permet de replacer Natzweiler dans le contexte plus large de la Seconde Guerre mondiale, de la Résistance et de la déportation européenne.
Le bâtiment est notamment construit sur la Kartoffelkeller, une importante cave en béton réalisée par les déportés en 1943.
L’objectif n’est donc pas simplement de présenter des objets historiques. Il s’agit également d’expliquer les mécanismes politiques et idéologiques qui ont conduit à la persécution, à la déportation et à l’assassinat de populations considérées comme ennemies par le régime nazi.
Les baraquements et les places d’appel
Lorsque l’on arrive dans la partie historique du camp, les différents niveaux du terrain deviennent particulièrement importants.
Les détenus vivaient dans les baraques réparties autour des places d’appel.
Les conditions de vie étaient extrêmement difficiles et le travail forcé constituait une composante centrale du fonctionnement du camp.
La visite permet ainsi de comprendre que la violence concentrationnaire ne se limitait pas aux exécutions ou aux mauvais traitements.
Elle reposait également sur l’épuisement, la faim, les maladies, le froid, les conditions de travail et une organisation destinée à déshumaniser les détenus.
La chambre à gaz
La chambre à gaz constitue probablement l’un des endroits les plus difficiles à appréhender.
Elle se trouve à distance du camp principal.
Son histoire est liée aux expérimentations criminelles menées par des scientifiques et des médecins nazis sur des détenus.
Je recommande de ne pas chercher à transformer cet endroit en attraction macabre. Sa valeur réside précisément dans ce qu’il permet de comprendre sur l’utilisation de prisonniers comme cobayes et sur la logique criminelle du régime nazi.
Deux chiffres qui permettent de mesurer l’ampleur du lieu
Le Centre européen du résistant déporté accueille près de 200 000 visiteurs chaque année, parmi lesquels environ 100 000 élèves. Ces chiffres donnent une idée du rôle pédagogique considérable joué aujourd’hui par le site.
Cette fréquentation scolaire est particulièrement importante. Elle montre que Natzweiler-Struthof n’est pas seulement un lieu de mémoire destiné aux passionnés d’histoire. Il constitue aussi un outil de transmission auprès des jeunes générations, avec des visites et des dispositifs pédagogiques adaptés aux scolaires.
Deux faits qui changent la perception du Struthof
Le premier fait qui me paraît particulièrement frappant concerne la découverte du camp. Lorsque les soldats américains arrivent le 25 novembre 1944, ils ne découvrent pas une population concentrationnaire encore présente dans les baraques. Le camp principal a été évacué auparavant. Cette situation peut donner l’impression trompeuse que le système concentrationnaire avait disparu du secteur. En réalité, les détenus avaient été déplacés vers d’autres camps et Kommandos.
Le deuxième fait est moins connu : après la période nazie, le site a encore connu plusieurs fonctions. Il a notamment été utilisé comme camp d’internement par les autorités françaises, puis comme centre pénitentiaire jusqu’en 1949. Cette succession d’usages fait partie de l’histoire complexe du lieu et explique pourquoi la mémoire du Struthof ne se limite pas à la période 1941-1944.
Comment préparer sa visite ?
Je conseille de prévoir suffisamment de temps.
Une visite trop rapide risque de transformer le lieu en simple succession de bâtiments et de panneaux.
Pour profiter réellement du parcours, je recommande de :
- commencer par le Centre européen du résistant déporté afin de replacer le camp dans son contexte ;
- prévoir au moins plusieurs heures pour parcourir l’ensemble du site sans précipitation ;
- choisir une visite guidée si l’on souhaite comprendre l’organisation du camp avec les explications d’un spécialiste ;
- utiliser un audioguide si l’on préfère avancer à son propre rythme ;
- prévoir des vêtements adaptés, particulièrement en hiver ;
- vérifier les conditions météorologiques avant de partir ;
- éviter de programmer la visite entre deux activités avec un horaire serré.
Pour les visiteurs individuels, aucune réservation n’est normalement nécessaire. Les groupes de plus de dix personnes doivent en revanche effectuer une réservation.
Une visite guidée peut-elle vraiment faire la différence ?
Oui.
Même si la visite libre permet déjà de découvrir les lieux principaux, le récit d’un guide apporte une autre dimension.
Les dates deviennent plus faciles à retenir lorsque l’on comprend leur succession. Les bâtiments prennent également un autre sens lorsqu’on connaît leur fonction.
Les visites guidées sont proposées plusieurs fois par jour et durent environ une heure. Elles sont principalement proposées en français. Des visites en anglais ont également été programmées pendant l’été 2026.
Je privilégierais donc la visite guidée pour une première découverte, puis une seconde visite libre si l’on souhaite approfondir certains éléments.
Une vidéo pour comprendre l’histoire du Struthof
Cette vidéo permet de replacer le site dans son contexte historique et de visualiser le lieu avant ou après la visite.
Est-ce une visite adaptée aux enfants ?
La réponse dépend beaucoup de l’âge et de la maturité de l’enfant.
Pour un jeune enfant, certains éléments peuvent être difficiles à comprendre ou particulièrement éprouvants.
Avec un adolescent, la visite peut en revanche devenir un véritable support pédagogique.
Je recommande dans ce cas de préparer la visite avant de partir. Quelques explications sur le nazisme, la Seconde Guerre mondiale, la Résistance et la déportation permettent de mieux comprendre ce que l’on va découvrir.
Il ne faut pas non plus chercher à tout expliquer en une seule fois.
Une question simple comme « pourquoi des personnes étaient-elles enfermées ici ? » peut constituer un meilleur point de départ qu’un long cours d’histoire.
Les erreurs à éviter pendant la visite
Un lieu comme Natzweiler-Struthof nécessite une certaine retenue.
Je déconseille notamment :
- de multiplier les selfies devant les lieux les plus sensibles ;
- de plaisanter sur les installations ou les conditions de détention ;
- de chercher volontairement les images les plus violentes ;
- de considérer les bâtiments comme de simples décors photographiques ;
- de raconter des informations non vérifiées ;
- de faire une visite au pas de course uniquement pour pouvoir dire que l’on a « fait le Struthof ».
La photographie n’est pas incompatible avec le devoir de mémoire. C’est l’attitude adoptée sur place qui compte.
Un lieu de mémoire qui continue d’évoluer
Le Struthof n’est pas un site figé.
La conservation des bâtiments, des objets et des collections constitue aujourd’hui une partie importante du travail mémoriel.
En 2025, de nouvelles réserves ont notamment été inaugurées afin de mieux conserver les collections historiques. Des objets provenant du camp et des recherches archéologiques continuent également d’alimenter la connaissance du site.
Cette dimension est essentielle : transmettre la mémoire ne consiste pas uniquement à conserver des bâtiments.
Il faut aussi préserver les objets, les témoignages, les archives et les connaissances permettant aux générations futures de comprendre ce qui s’est passé.
Questions fréquentes sur Natzweiler-Struthof
Où se trouve le camp de concentration de Natzweiler-Struthof ?
Le site se trouve à Natzwiller, dans le Bas-Rhin, au cœur du massif vosgien. L’adresse du mémorial est route départementale 130, 67130 Natzwiller.
Quand le camp de Natzweiler-Struthof a-t-il été créé ?
Le camp a été ouvert le 1er mai 1941 par les autorités nazies.
Quand le camp a-t-il été découvert ?
Le camp principal a été découvert par les forces américaines le 25 novembre 1944. Les détenus avaient toutefois été évacués auparavant et le réseau de camps dépendant de Natzweiler a continué à fonctionner jusqu’en 1945.
Combien coûte la visite ?
Le tarif plein indiqué pour le site est de 8 euros, avec un tarif réduit de 4 euros. Certaines catégories de visiteurs bénéficient de la gratuité.
Peut-on visiter Natzweiler-Struthof sans guide ?
Oui. Le site peut être découvert en visite libre. Des visites guidées et des audioguides sont également disponibles.
Combien de temps faut-il prévoir ?
Je conseille de consacrer plusieurs heures à la visite. Le temps nécessaire dépend notamment du parcours choisi, du passage au Centre européen du résistant déporté et de l’intérêt porté aux différents espaces historiques.
Peut-on visiter la chambre à gaz ?
Oui, lorsque le bâtiment est ouvert. Ses horaires peuvent être différents de ceux du reste du site. Il est donc préférable de se renseigner à l’accueil à son arrivée.
Le site est-il accessible toute l’année ?
Non. Le mémorial connaît une fermeture annuelle et certaines fermetures exceptionnelles. Les conditions météorologiques peuvent également entraîner une fermeture du site historique. Il faut donc vérifier les horaires avant de se déplacer.
Faut-il visiter le Centre européen du résistant déporté ?
Je le recommande vivement, particulièrement lors d’une première visite. Il permet de comprendre le contexte historique avant de pénétrer dans l’ancien camp.
Pourquoi visiter Natzweiler-Struthof aujourd’hui ?
Parce que le site permet de confronter directement l’histoire aux lieux où elle s’est déroulée. Les documents, les témoignages et les explications donnent un cadre intellectuel à la visite, mais le contact avec le lieu apporte une dimension supplémentaire. Visiter Natzweiler-Struthof, c’est donc avant tout prendre le temps de comprendre l’histoire du camp de concentration, la déportation et le fonctionnement du système nazi, tout en participant à la transmission de la mémoire.

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